peintre, plasticien, journaliste et comédien né à sion (vs), le 21 avril 1962. concepteur et animateur de créactivité ® (créativité relationnelle), ateliers de groupe pour entreprises et particuliers.

jef gianadda : une esquisse de destin

son parcours aux aspects multiples affectionne les chemins de traverse, les retours sur soi, les pauses, les renaissances. il va où on ne l’attend pas.
comédien pour être acteur de sa vie à travers les rôles qu’il incarne, jef gianadda devient auteur dans son atelier de peintre. dans cette stupéfiante forge de l’être, le flamboiement des matières et des couleurs l’entraîne hors de lui-même, le confrontant aux spasmes du monde pour mieux toucher sur la toile le centre précieux de l’homme et le point d’équilibre souhaité pour sa propre personne.

autour de lui, de multiples objets attendent, inertes et prometteurs, que la main du sculpteur-assembleur qu’il est également leur offre une nouvelle vie aux couleurs de la sienne.
son âme, étonnée d’évoluer dans un univers si saturé d’objets vides, obscènes, “mort-nés de notre société ”, n’a pu se passer de les recueillir. dans cet atelier, ils vivent un secret espoir : être ou renaître, eux qui ont surgi sans un germe de vie.

jef gianadda, après le gîte offert dans son antre magique, va leur proposer une vibration « artistique », à eux qui ignorent tout de ce mot. Il se saisit de trois morceaux de tôle, probables avatars d’une voiture aujourd’hui anéantie, et s’ingénie à leur inventer une dignité. il les assemble. leur usure, leurs courbes s’animent, et surgit soudain la beauté d’un objet digne d’être regardé pour lui-même, libéré de l’existence vile et servile qui fut la sienne par la volonté toute-puissante d’une pensée utilitaire.
il est trop blessé par ce monde pour ne pas oser une confrontation, un doute et finalement une métamorphose. comme tout vrai artiste, il ne choisit pas, il avance. au gré des étapes qu’il a franchies, cet être noble, haut en couleurs étonnantes, mais préférant l’humilité d’une sobre présence, n’a pas choisi son siècle.

il aurait pu naître sur un haut plateau tibétain, il y a mille ans. il aurait pu voir le jour dans la grèce antique. il aurait pu vivre en une époque de légende respectueuse du silence et des âmes pures. non. il est né au XXe siècle. alors il a fallu faire face, subir ce déferlement de fer, de laideur et de tristesse mécanique. allait-il devenir musicien pour caresser la beauté ? ou aquarelliste pour contempler la lumière ? non. sa nature à la fois sautillante et grave lui a donné le courage – et le besoin – de plonger ses mains et son atelier au cœur d’un monde éructant à l’infini ses objets de pacotille, ses visages souillés, ses épaves et son cimetière d’images pour les besoins de sa tragi-comédie.

les objets-assemblages nés de ce face à face ne sauraient fonctionner sans la note d’humour qui affirme la nature décalée de ce travail. le grotesque nous tend les bras, le sourire nous désarme. et voilà que nous glissons vers le dérisoire et bientôt vers l’absurde. on pense alors à son ami jean tinguely qui, en faisant grincer le métal, a su être ludique et effrayant, fantaisiste et caustique.

lorsque jef gianadda créa l’installation qui réunissait vingt-quatre squelettes affublés de quelques éléments-signes de notre société du bonheur injectable par pilules-médicaments, les mêmes ingrédients étaient mobilisés. un tinguely, un ionesco s’y seraient trouvés en bonne compagnie.
quand gianadda le peintre aborde une toile, le spectre des émotions et des intentions est plus large. est-ce l’art pictural et sa grande tradition qui influent ? on peut le penser en contemplant ses œuvres datant de 2000-2006 : les matières sont au centre de ses préoccupations. un travail inlassable permet – de repentirs en interventions – d’atteindre une vibration qui est à la fois relief et lumière, structure et couleur.

l’artiste confie qu’il travaille à partir de “traces”. il interroge les marques imprimées par le temps, il recherche les blessures subies par toute matière. toutefois, cet itinéraire pictural a d’autres ambitions – presque esthétiques – puisque jef gianadda, pourtant aux prises avec ces traces malmenées, fragmentaires, douloureuses, aspire à une harmonie. comme si le sage tibétain qu’il aurait été en d’autres temps parlait en son âme et lui intimait d’atteindre un équilibre, une vibration spirituelle et peut-être un semblant de rédemption dans ce monde en tumulte.
alors le geste du peintre s’intériorise. son pinceau virevolte comme un danseur soufi. le sublime apparaît une fraction de seconde puis s’échappe au gré du travail pictural exigeant – et presque épuisant – que le peintre tente. de haute lutte. au prix de mille expérimentations. au risque de mille déceptions.

cette exigence intérieure, cette honnêteté fondamentale qui interdit de galvauder le talent sont les qualités d’un vrai peintre.

on ne s’étonne pas qu’il rencontre sur son chemin de nouvelles formes. ainsi le cercle apparaît-t-il dans son œuvre. rien à voir avec les cercles fermés – et figés – de l’illustre jasper johns. chez jef gianadda, le cercle surgit telle une trace, une figure parfaite rescapée des griffes du temps. un double mouvement l’anime : circulaire et concentrique. si bien qu’une puissante force nous aspire dans les profondeurs de son centre.
ce tourbillon, tel un cyclone, dévore la rumeur du monde. l’artiste y jette des images médiatisées ou des documents imprimés qui convoquent l’éphémère. le hasard du mouvement semble dominer. il n’en est rien.

jef gianadda ordonne, trace, peint, détruit, reprend tout matériau. ces cercles, dans leur rotation effrénée, osent un effort de remémoration et de compulsion des traces d’une époque à la chronologie explosée. l’âme du monde – pour une esquisse de destin ? – est interrogée, retravaillée, métamorphosée à travers la dynamique du cercle qui mène tantôt à l’éparpillement des énergies, tantôt au recentrage vers le cœur de l’être.

jacques biolley 2007

visite d'atelier

« dans son atelier, un tableau sur le chevalet. le visiteur a l’impression que jef gianadda vient à l’instant d’y mettre la dernière touche : de grands champs bleus et rouges se découpent sur la toile blanche.

nouvelle peinture – nouveau style ? « non », répond jef étonné. pour lui, il s’agit juste des prémices d’un travail de loin pas encore prêt à accueillir le regard du public. et il en est ainsi de toutes ses toiles, à leur naissance. même apparence. grande peinture gestuelle. c’est ensuite qu’intervient son obsession, celle de couvrir et de recouvrir la surface d’innombrables couches successives. et la couleur-matière de se superposer à la couleur-matière. (…)

jef gianadda ne revendique ni une peinture gestuelle ni une peinture abstraite. il peint pour la peinture. uniquement. peinture sensible, exacte, jamais due au hasard. ses textures rappellent antoni tàpies, bien que la signification soit autre. les tableaux de jef gianadda suggèrent des vieux murs, des parois usées, une vie et un temps passés.
il émane une légère mélancolie de cette peinture. mélancolie qui trouve peut-être sa source dans les teintes sombres qui dominent la palette. nombre de pièces évoquent ainsi les cendres, que l’artiste utilise d’ailleurs en combinaison avec la masse colorée. (…)

chaque toile donne l’impression de receler un secret, puisque sous leur « épiderme » vibrent une multitude de strates colorées qui, tour à tour, l’espace d’un instant infini, ont été un tableau avant de disparaître sous de nouvelles visites du pinceau. (…)

pensif, mélancolique, avide de perfection pour ses tableaux, jef gianadda peintre révèle aussi un autre visage : celui qui vit dans ses objets. (…)
depuis des années, il collectionne des os (!), des petites choses hétéroclites et multicolores dénichées aux puces ou chez des antiquaires. de ses voyages en amérique du sud ou en asie il a rapporté mille souvenirs qui encombrent son atelier. tout ce qui peut être utile à la création de ses « sculptures » s’y trouve.
véritables colonnes vertébrales de tous ses objets, les tiges métalliques sont courbées dans de précises ondulations corporelles, avec un indéniable sens de la mise en scène. oui – jef gianadda met en scène. on retrouve le comédien et sa fibre théâtrale. (…)

erika billeter
ancienne directrice du musée cantonal vaudois des beaux-arts, 2001

de l'objet à la toile

« jef gianadda s’est fait connaître comme artiste de l’objet. jusqu’ici, son nom était associé à des pièces étranges et parfois surréalistes, des assemblages aux motifs empruntés au monde de la subculture (…) aujourd’hui, gianadda aborde pour la première fois la peinture, mais la source de son inspiration est très différente. il se consacre désormais au problème important de l’énergie lumineuse des couleurs. son travail se base sur des supports noirs dans lesquels il fait pénétrer ses couleurs de telle manière qu’elles se mettent à scintiller. il structure sa peinture en frottant ou en collant du sable et des pierres minuscules dans la masse colorée. il a également réalisé toute une série de pièces avec des épices, qui donnent un caractère très particulier au support. leurs teintes foncées et luisantes suggèrent l’atmosphère sacrée des icônes. avec leurs particules de matériaux, ces tableaux évoquent un regard plongé dans l’univers. lorsqu’on fait appel à l’imagination et à l’émotion, on voit le sable se transformer en étoile, le safran et le cumin devenir la constellation d’andromède.

erika billeter
ancienne directrice du musée cantonal vaudois des beaux-arts, 2000

@ tous droits réservés
eden
1996
45x35cm
@ tous droits réservés
fous de libertés
1999
signé
@ tous droits réservés
l'indien
2001
h 137cm
@ tous droits réservés
célébration
2005
h 49cm
@ tous droits réservés
la quête
2006
50x50cm
@ tous droits réservés
l'air du temps
2007
120x120cm
@ tous droits réservés
nous n'en resterons pas là
2007
35x35cm
@ tous droits réservés
05.02.09
2009
33x26.5x18cm
@ tous droits réservés
cabaret mystique
2009
33x26x17.5cm
e-mail

jefgianadda@bluewin.ch

agenda d’expositions

expositions

(sélection depuis 1996)

2015
atelier de vitrail – pascal moret, cugy (fr), suisse
galerie de poche, tannay (vd), suisse
galerie des origines, vaison-la-romaine, france
galerie de rue, rue fr, suisse
2014
galerie de rue, rue fr, suisse
espace aurore, sorens, suisse
ralph germann vitrine, martigny, suisse
galerie de poche, tannay, suisse
2013
car’art, crissier, suisse
espace empreinte, lausanne, suisse
montagn’arts, hôtel bella-lui, crans-montana, suisse
lionel meylan, vevey, suisse
fondation valette, ardon, suisse
2012
les hautsde genolier, genolier, suisse
galerie d’yvorne, yvorne, suisse
atelier vitrail pascal moret, cugy, suisse
ferme fässler, belfaux, suisse
rive-neuve fondation, blonay, suisse
art & jardins (salon prim’vert), martigny, suisse
2011
flon square galerie, lausanne, suisse
montreux art gallery (mag), invité par la fondation l’estrée, montreux, suisse
clinique la prairie, clarens-montreux, suisse
espace du rural, givisiez, suisse
le manoir de martigny, martigny, suisse
2010
galerie de rue, rue fr, suisse
espace empreinte, romanel-sur-morges, suisse
2010
galerie de rue, rue fr, suisse
espace empreinte, romanel-sur-morges, suisse
2009
espace empreinte, romanel-sur-morges, suisse
tout simple sans accoudoir, territet-montreux, suisse
galerie en beauregard, blonay, suisse
les ateliers du moulin, moudon, suisse
fondation l’estrée (photograhies), ropraz, suisse
polygone consultants sa, genève, suisse
2008
contexte-silo, renens, suisse
jaykay gallery, carrouge, suisse
le vide-poches, marsens, suisse
jaykay gallery, carrouge, suisse
2007
car’art, crissier, suisse
2006
galerie de rue, rue, suisse
2004
promove (promotion économique montreux-vevey), montreux, suisse
2003
fondation l’estrée, ropraz, suisse
clinique la source, lausanne, suisse
2002
château d’attalens, attalens, suisse
2001
galerie de la cité, lausanne, suisse
galerie voutat-campagne, vandœuvres, suisse
hôtel des vignes, st-léonard, suisse
château de boccard, givisiez, suisse
2000
galerie voutat-campagne, vandœuvres, suisse
galerie de rue, rue, suisse
1999
château de gruyères, gruyères, suisse
1997
café-restaurant le bleu lézard, lausanne, suisse
1996
galerie espace-flon, lausanne, suisse

prix / publications / tv / films

vidéo

2013
atelier de jef gianadda
photographe: silvano prada
montage: christian eggs

naissance d’un triptyque
« transe en danse » (160×150 cm)
photographe: silvano prada
montage: christian eggs

2010
atelier de jef gianadda
photographe/montage: christian eggs

peintures et sculptures 2010-2013
photographe: christian rochat, urs schafroth
montage: christian eggs

1999
château de gruyère, « fous de libertés »
rts, télé journal 1999

« fous de libertés » est une installation de l’artiste plasticien suisse jef gianadda créée pour l’exposition collective internationale « la nef des fous » présentée au château de gruyères (canton de fribourg, en suisse) du 12 juin au 2 novembre 1999.

se persuadant d’y voir les clés de son bien-être, de son mieux-vivre, de sa réussite et même de sa santé, par des dépendances dont il fait les indispensables instruments d’un utopique bonheur, le fou de libertés se transforme — à son insu — en son propre bourreau.
toujours plus prisonnier de lui-même, il en accusera d’autant l’autre, la société, quant à son incapacité d’échapper au système, à cette uniformité que pourtant il s’inflige.
assoiffé d’individualité et de non-conformisme, il en devient encore plus conventionnel et éloigné de soi, fondu dans la masse, anonyme et absent de son être à force de s’obstiner à chercher des solutions à l’extérieur plutôt qu’en lui.
en quête désespérée d’une différence qui finalement le réduira au rôle d’un nouveau clone du troupeau, il s’asservit et oublie qu’à trop vouloir être dans la marge on finit par sortir de la page.
ce n’est que guéri des ses «libertés» qu’il trouvera la Liberté.
jef gianadda, Junv

radio

2013
rts, la 1ère
(30.06.2013), intérieurs, daniel fazan

du smocking aux salopettes de soudeur il a gardé son sourire, augmenté sa curiosité, multiplié les domaines d’action. jef gianadda a passé du journaliste mondain intervieweur de stars à l’art créatif: des toiles immenses, des sculptures d’acier ou de bronze et, à part le dessin, a tout inclus dans son destin.
Il nous reçoit dans son atelier de villarzel, en broye vaudoise, pour une visite intérieure de son inspiration intime. parfois envahi par une force créatrice incontrôlable il laisse aller les énergies qui le dominent.

jef gianadda se ressource en inde et revient rechargé d’idées qu’il partage en cours ouverts à tous. et pour « créactivité » il accueille des groupes pour une journée de travail artistique commun. jef gianadda est un partageur de ses expériences, généreusement, à 360°.

2009
rts, la 1ère
06.10.2009: à première vue
radio suisse romande, lausanne, suisse
deux photographes romands, chris eggs et jef gianadda, exposent leurs oeuvres. cette expositions, intitulée « de l’autre côté », est à voir à la fondation l’éstrée, à ropraz, du 9 octobre au 9 novembre 2009.

rts, la 1ère
06.04.2009: à première vue: latins, latines
radio suisse romande, lausanne, suisse
présentation de l’exposition de jef gianadda aux ateliers du moulin à moudon. en marge du festival des rencontres latines qui s’y déroule du 4 avril au 17 mai.

2008
rts, la 1ère
21.05.2008: devine qui vient dîner
radio suisse romande, lausanne, suisse
2003
rts, la 1ère
11.05.2003: intérieur(s)
radio suisse romande, lausanne, suisse
2002
radio fribourg 21.11.2002: à l’ombre du baobab
2000
radio fribourg 06.11.2000: à l’ombre du baobab
2002
rts, la 1ère
25.09.1994: amis-amis
radio suisse romande, lausanne, suisse

télévision

2001
tsr 10.01.2001: « zig zag café », télévision suisse romande, suisse
tsr 02.11.2001: « zig zag café », ,télévision suisse romande, suisse
tvrl 06.12.2001: « tam-tam », télévision région lausannoise, suisse
1999
tsr 26.07.1999: « tj 19:30 », télévision suisse romande, suisse
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