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nos artistes nufnuf-art nouveau
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olivier zappelli est né le 2 avril 1966 à lausanne, suisse le peintre vit et travaille à son atelier de fribourg, suisse capable de tous les défis picturaux, tour à tour frère à hauterive, voyageur, moine peintre itinérant en inde, il se passionne pour la symbolique et les arts des cultures qu'il rencontre
feu de feu, en cheval de feu
sinueux cursus d'un rebelle olivier zappelli s'inscrit alors à l'école de meuron de neuchâtel. hippie en manteau de fourrure et tignasse arborescente, il aspire le joint avec l'air du temps. en militant de che guévara dans l'extase du piercing, il acquiert des notions d'anatomie comparée comme l'esprit vient aux filles. à copier les frises du parthénon, il ingurgite encore les rudiments de l'esthétique et de l'histoire de l'art. mais en troisième année, il décide de boycotter le cours de modelage; fanatique de constructivisme, le maître ne rêve que de sphères et cubes tandis qu'olivier ne veut que peindre. un jour d'orage, le doyen faisant preuve d'autorité, jette toute sa production sur la rue. échange de coups ! expulsion ! rentré à fribourg, le futur génie, décide de punir l'impudent despote. il concocte une recette d'alcool de fiente qu'il servira froid au temps de la vengeance. ayant conquis en autodidacte les techniques de la peinture, du modelage et tutti quanti, et fort de ses notions de chimie élémentaire, olivier décide de jouer zapp II le retour. venu présenter ses respects au directeur violenté, il asperge le hall d'honneur de l'école de meuron du nauséeux liquide, dont l'odeur persistera longtemps. en quête chaotique de lui-même, frère olivier entre au monastère d'hauterive. l'abbé, désireux de tester l'obéissance du postulant, lui demande de renoncer à la peinture. deux mois à macérer hors des eaux miroitantes de la création avant que l'artiste ne se décide à franchir la clôture. intermède mystique qu'un détective classerait au rang des délits de fuite.
bédéiste autodidacte pour l'homme qui rit, l'horreur a toujours un côté dérisoire. l'humour permet d'en supporter le tragique. la bande dessinée est le support rêvé de qui cherche une voie figurative hors des poncifs d'usage. les bulles de la bd sont des manifestes en attente de mythes. richard corben inspire à la jeune génération ses héros irritants. tout comme celui des rolling stones, son art allie vulgarité, haine et sadisme en une poétique agréablement tonique. pour zappelli, la révolution sera hilarante.
ses compositions, olivier zappelli les frappe du sigle oz. oser. augustin macheret, qui n'est encore que recteur magnifique de l'université de fribourg, passe commande d'une bd censée retracer les douleurs terrestres et les visées célestes d'un étudiant parcourant la très catholique alma mater. oz s'y révèle une machine à idées; sa mitrailleuse crache au rythme de son débit verbal, hallucinant! en fait, ce délire programmé relativise les valeurs humaines. le recteur excluait les soutanes; il les aura avec les réactionnaires de tout poil. les cléricaux intégristes refusent ce catholicisme bâti sur le globalisme et la pestilence. les puritains, tenant de ligues de vertu et de l'enseignement bilingue, se trouvent incorporés au phalangistes de la foi en guerre contre les chantres du relâchement.
moine itinérant de new delhi, bardé de vertus rustiques, l'aventurier se lance sur les routes de l'inde. durci par les plaisirs plus que par l'effort, il goûte à l'ivresse de la solitude et au bonheur de vivre à plein ses pulsions. à la poursuite de ses propres secrets, il se plonge dans le ramayana. la faim de mirages superficiels apaisée, revient le morne ennui du quotidien. bien que les radotages sucrés, tressés en guirlande autour de la foi, le laissent sceptique, il décide de tenter l'expérience de la vie monastique. pour conquérir une maîtrise hautement tantrique, le rebelle intégral, viré de l'école et de l'armée, se soumet à toutes les règles. torse et pieds nus, le dothi saumon, emblème glorieux du moine itinérant, couvre la partie la moins glorieuse de son anatomie. la barbe et les cheveux couverts de cendre de bouse de vache, il mendie sa pitance en langue hindie. toujours camé par le besoin de peindre, au temple de kajuraho, hanuman mandir, il reçoit mandat de représenter hanoumâna le dieu-singe. bonheur intégral : une fresque longue de six mètres qu'il achève avant de gagner bhaïrotik, kal baïro mandir où les moines lui prescrivent d'illustrer un épisode du maharabaratha. les villageois émerveillés viennent s'incliner devant les images sacrées et toucher les pieds du vénérable sadhou.
le métier de peintre ni vraiment puéril ni vraiment adulte, il a gardé une âme tiraillée: l'innocent peter pan en lutte perpétuelle contre le féroce dracula. cet appétit de fauve visant à l'efficacité brutale du poster, nécessite ces contrastes entre harmonie et délire. les sujets surgissent spontanément. il garde en réserve de multiples thèmes qu'il ne cherche ni à analyser ni à censurer. il les extériorise lorsqu'une envie viscérale en impose la projection. cette urgence de l'idée non construite ne peut être expliquée qu'en fin de parcours, lorsque d'innombrables fioritures sont venues l'enrichir. dans ses toiles qu'il exploite en parallèle, il parvient à imbriquer des références contemporaines, mêlées au classicisme le plus rigoureux. opposant le clair et l'obscur, l'immense au dérisoire, il fait cohabiter un minus de dessin animé avec un géant de la chapelle sixtine. la diversité de ces apports suscite des tensions; elles génèrent l'intensité. la contestation devient source de poésie. sommé de s'expliquer, oz justifie sa fascination des grands classiques : "michel-ange pour la puissance qu'il dégage des corps, pour ses drapés orange vif et ses ombres vert pomme. dürer qui brise tous les tabous. il a osé, donc je peux". les petits dieux qui glapissent dans les ténèbres exigent moins de conventions que de vérité. en servant de messes douteuses, oz n'avait qu'a ronéotyper ses emprunts mythologiques. abruti de bons sentiments, oz pouvait épancher son cœur jusqu'à implosion dans ses portraits d'enfants. Pris en otage par la bonne société ploucarde, il aurait honoré les prêtresses du temple. en prosélytes, elles auraient su insuffler à l'anarchiste leur vision moralisante du combat des classes. tant de misérables y sont tombés, qui n'ont même plus l'excuse de subir la pression des réactionnaires. livré au seul délire, il reste conscient des limites de la connerie qu'il est de bon ton d'outrepasser.
terribles, verticales, immenses: toutes, femme éperdument les années clinton ont porté un coup de grâce à l'intolérance. mais la liberté sexuelle s'est teintée d'iconoclasme. les machos en herbe ou en graine ne sont pas tous musulmans. ils feignent le respect, mais c'est pour mieux s'exercer à l'étripage systématique. qu'elle soit littéraire ou plastique, leur critique stigmatise autant les intrigues et les ambitions des égéries du pouvoir que leur sans-gêne. dans ce haut-lieu du politiquement correct qu'est resté le monde des femmes, une has-been boudinée se croit en droit d'exiger d'un peintre qu'il en fasse l'apothéose de la blonde sinueuse? la lucidité rend souvent les hommes couards; machiste par peur de sembler complaisant oz ne fut jamais lâche. merci à ses commanditaires de ne l'avoir jamais contraints à tartiner des sucreries au bord de la crise de diabète. étienne chatton |
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dernière modification: 06 mars 2013 fondation@nufnuf-art copyright © 2002-2013 art www.nufnuf-art.ch |
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