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jacques basler                                                                        

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jacques basler est né le 6.02.1942, à lausanne, suisse

sculpteur, il vit et travaille à ses ateliers de rue  dans le canton de fribourg suisse et  à filicudi - ïles eoeliennes en sicile

de nombreuses expositions individuelles et collectives ont présenté ses oeuvres.

jacques basler, ou la ferveur de l’authenticité
propos recueillis à rue (suisse), le 6 mai 2008, par jef gianadda

je voulais vous demander qu’est-ce que l’art. à cette interrogation, le philosophe américain nelson goodman avait substitué la question: «quand y a-t-il art?» selon vous?

j’aimerais d’abord parler des artistes. je pense qu’ils sont à la société ce que les microbes et les bactéries sont à la vie: indispensables. on les croit inutiles, tout le monde lutte contre eux, mais sans eux la vie ne serait pas possible. quant à l’art, j’y réfléchis depuis près de quarante ans… pour moi, c’est quelque chose de subjectif qui sort de mes tripes et qui accède à ce statut une fois vendu. d’autant que je considère chaque sculpture vendue comme un miracle.

c’est l’acte d’achat qui définirait l’art?

d’une certaine manière, dans la mesure où un livre pas lu ou une musique pas écoutée n’existent pas. c’est pareil pour une sculpture: au moment où quelqu’un l’achète, la pièce est achevée. jusque-là, le cycle n’est pas complet. certes, pendant que je la crée, j’ai l’impression de faire de l’art, habité que je suis par l’angoisse de l’artiste, passant de l’euphorie au découragement, mais c’est le regard du public qui finalement fait l’œuvre.

revenons à la place de l’artiste dans la société. quel est son rôle?

supprimons toute littérature, toute musique, toute création plastique et voyons comment on peut vivre!

une des grands enjeux en matière artistique demeure celui du discours. l’art doit-il véhiculer un message?

oui et non. l’œuvre, quelle qu’elle soit, peut intrinsèquement véhiculer un message subjectif ou émotionnel. dès lors, c’est elle seule qui s’exprime. cela dit, dans l’art contemporain, le discours est selon moi trop souvent beaucoup plus important que l’œuvre elle-même.

mais l’artiste peut aussi prendre position, voire dénoncer?

bien sûr. Je pense d’ailleurs depuis plus de dix ans à une sculpture qui s’intitulera «Au nom de…». que n’a-t-on pas fait «au nom de…» depuis que l’homme existe? elle sera réalisée d’ici à deux ans, mais pour l’instant mes idées ne sont pas encore assez simples.

la simplicité comme condition nécessaire à la compréhension ou à la beauté?

en ce qui me concerne, moins je réfléchis, mieux ça vaut. plus je peux faire le vide, observer et écouter la nature, meilleur sera mon travail. de même, si quelqu’un regarde une de mes sculptures pendant dix secondes sans penser, j’estime avoir gagné.

une œuvre reflète autant son auteur qu’elle le nourrit. Dans quelle mesure vos sculptures vous ont construit?

balthus disait: «beaucoup de gens font de la peinture, mais il y a peu de peintres.» à chaque artiste de trouver sa sincérité, de ne pas faire pour vendre. c’est une difficulté énorme pour tous les artistes, même les plus célèbres. en ce qui me concerne, je ne serais probablement pas devenu celui que je suis sans la sculpture – dont je vis depuis trente-cinq ans –, qui m’a construit d’une manière dialectique: je l’ai construite comme elle m’a construit.

quelle est la place du doute dans votre travail?

environ cinquante pourcent; en ce sens que je ne suis jamais content d’une sculpture, même s’il m’arrive d’en revoir d’anciennes avec une certaine satisfaction. dans l’atelier, où j’essaie de créer sans me répéter, je doute toujours.

crée-t-on vraiment?

non! on ne fait que réinventer ce que l’on sait déjà; sur la base du passé et de tout ce que l’on a pu voir, lire ou entendre. je ne crois pas au génie. giacometti, avec son homme qui marche, par exemple, n’existerait pas sans les étrusques. et c’est normal. 

quid du hasard?

omniprésent dans la vie de chacun, il l’est aussi à l’atelier. quand je commence une sculpture, je pars systématiquement d’une idée, mais à mi-chemin le hasard prend le relais. indépendamment de sa taille, c’est toujours la sculpture qui me guide, c’est elle le patron.

«tout art est autobiographique. la perle est l’autobiographie de l’huître», a déclaré le réalisateur italien federico fellini. cela dit, c’est toujours un grain de sable qui déclenche l’activité perlière de l’huître! quel est votre moteur?

j’ai fait un apprentissage de décorateur auprès d’un patron qui, alors que j’avais quinze ans, m’a tout de suite appris à souder et improviser; ce que j’ai adoré. depuis, la «création» est un vrai bonheur, pour ne pas dire un besoin. après une semaine de vacances, je dois me remettre à travailler. la question n’est pas d’avoir des idées, mais d’éliminer les mauvaises. quant à la part autobiographique, elle est toujours présente. on ne peut pas s’échapper à soi-même. 

après quelques années consacrées uniquement à une abstraction que vous continuez d’ailleurs d’explorer, vous êtes revenu à la figure humaine; dans une représentation moins torturée qu’à vos débuts. qui de l’art ou de l’artiste a apaisé l’autre?

pendant huit ans, influencé notamment par la société (l’artiste est une éponge), j’ai cessé de représenter le corps humain; pour y revenir de manière beaucoup plus sobre. la sculpture m’a peut-être calmé, mais la vie, surtout, m’a calmé. j’ai soixante-six ans et, par conséquent, je vois les choses et vis différemment qu’à trente ans. Je suis moins torturé, mes sculptures le reflètent.

                                                                                        jef gianadda

 

 

jacques basler, o il fervore dell’autenticità
propositi raccolti a rue (svizzera), il 6 maggio 2008, da jef gianadda

volevo domandarle che cos’è l’arte. a questa interrogazione il filosofo americano nelson godman aveva sostituito: quando c’è arte? e secondo lei?

vorrei prima di tutto parlare degli artisti. penso che gli artisti in rapporto alla società .

sono quello che i microbi e i batteri sono per la vita : indispensabili. noi li crediamo inutili, tutti lottano contro  di loro, ma senza di essi la vita non sarebbe possibile.

riguardo l’arte… ci rifletto da più di quarant’ anni… per me è qualcosa di soggettivo, che esce dalle mie viscere e che diventa tale una volta venduta. tanto più che considero ogni  vendita di un’opera come un miracolo. 

sarebbe l’atto dell’acquisto che definirebbe l’arte? 

in un certo senso,  un libro non letto o una musica non ascoltata non esistono, è uguale per una scultura : solo quando qualcuno la compera l’opera è compiuta. Fino a questo punto il ciclo non è completo. certo mentre la creo ho l’impressione di fare arte, sono abitato dall’angoscia dell’artista, passo dall’euforia allo scoraggiamento, ma alla fine é lo sguardo del pubblico che fa l’opera. 

torniamo al posto dell’artista nella società, che ruolo ha? 

se aboliamo tutta la litteratura, la musica, ogni creazione plastica, vediammo come si potrebbe vivere.  

in materia artistica il parlare mantiene un grand posto, l’arte deve veicolare  un messaggio? 

si e no. l’opera, qualsiasi sia, può in se trasmettere un messaggio soggettivo epieno d’emozioni. e solo lei che si esprime. ciò detto, secondo me, nell’arte contemporanes il iscorso è troppo spesso più importante che l’opera stessa. 

ma l’artista può prendere posizione e anche denunciare? 

certamente, infatti da più di dieci anni rifletto a una scultura che si intitolerà «in nome di…». da quando l’uomo esiste cosa non è stato fatto «in nome di….»? sarà realizzata entro due anni ma per ora le mie idee  mancano di semplicità. 

la semplicità come condizione necessaria alla comprensione o alla bellezza ?

per quel che mi riguarda, meno rifletto meglio è. più faccio il vuoto, osservo e ascolto la natura, migliore sarà il moi lavoro. così  come se qualcuno guarda per dieci secondi une delle mie sculture senza pensare, ritengo aver riuscito. 

un’opera riflette il suo autore, altrettanto lo nutre. in che misura le sue sculture hanno contribuito alla sua personalità ? 

balthus diceva : «molti fanno della pittura, ma ci sono pochi pittori».
e compito di ogni artista di tesprimersi con sincerità, di non creare per vendere, questo è un’enorme difficoltà per tutti gli artisti, anche per i più celebri. per quel che mi riguarda, senz’altro non sarei diventato quello che sono senza la scultura  – della quale vivo da trentacinque anni -  lei mi ha costruito in maniera dialettica: l’ho costruita tanto quanto lei mi ha costruito. 

che posto ha il dubbio nel suo lavoro?   

circa il cinquanta per cento; nel senso che non sono mai contento di una scultura, anche se mi capita di vedere delle  sculture realizzate molto tempo fa con una certa soddisfazione.

quando sono nel moi studio, dove cerco di creare senza ripetermi, dubito sempre. 

ma veramente si crea? 

no! reinventiamo quello che già sappiamo; in base al passato e a tutto quello che si è già visto, letto o sentito.. Io non credo al «genio». per esempio, giacometti. con la sua  opera « homme qui marche », non esisterebbe senza gli etruschi. e ciò è normale. 

e il posto dell’azzardo?

e sempre presenta nella vita di ciascuno ed c’è anche nello studio dell’artista. quando comincio una scultura parto sempre da un’idea, ma in seguito l’azzardo sostituisce l’idea. al di fuori della grandezza, è sempre la scultura che mi guida, che è il padrone. 

«ogni arte è autobiografa. la perla é l’autobiografia dell’ostrica» ha dichiarato il regista federico fellini. nonostante ciò, è un granello di sabbia a provocare l’attività perlifera dell’ostrica. qual’è il suo motore? 

ho fatto un tirocinio di decoratore presso un padrone che, quando avevo quindici anni, mi ha subito insegnato a saldare, e ho adorato. da allora per me la «creazione» è un vero piacere, per non dire un bisogno. dopo una settimana di vacanza devo rimettermi a lavorare. la cosa più importante non è di avere delle idee, ma di eliminare le meno buone.

in quanto alla parte autobiografica, questa è sempre presente. non si può sfuggire a se stessi. 

dopo diversi anni consacrati  solo all’astratto, che d’altronde lei continua a esplorare, è tornato alla figura umana; certo con una rappresentazione meno torturata. chi fra l’arte e l’artista ha placato l’altro? 

dopo otto anni,  sotto l’influenza dalla società (l’artista è una spugna), ho smesso di raffigurare il corpo umano, per ritornarci di una maniera più sobria. la scultura forse mi ha calmato, ma soprattutto la vita mi ha calmato. ho sessantasei anni e di conseguenza vedo le cose e vivo diversamente che a trent’ anni. sono meno torturato , le mie sculture lo riflettono.

                                                                                       jef gianadda

 


jacques basler was born in 1942, in lausanne, switzerland

as a sculptor, he lives and works in his studio in rue, switzerland (fribourg), and in filicudi  island / sicily, italy

many solo and group exhibitions have presented his works.

jacques basler, or the fervor of the authenticity
interview with street (switzerland), may 6, 2008 by jef gianadda

I wanted to ask you what is art. this question, the american philosopher nelson goodman had substituted the question: "when there is art?" according to you?

I would talk about the artists. I think they are to the society that what the microbes and bacteria are to life: indispensable. they are believed unnecessary, everyone fight against them, but life would not be possible without them. about art now, I almost think for more than forty years ... to me it is something subjective that comes out from my bowels and get to this status once sold. especially as I consider every sold sculpture as a miracle.

it is the act of purchase that would define art?

in a certain way, to some extent that a not read book or not listened music do not exist. the same for a sculpture: when someone buys it, the piece is completed. until then, the cycle is not complete. Certainly, while I was creating it, I felt like I'm making art, I lived through the anguish of the artist, from euphoria to despair, but finally the public view that makes the work.

back to the place of the artist in the society. what is his part?

remove any literature, any music and any new creative plastic art and see after how we can live!

one of the major issues in art continues to be the speech. should art convey a message?

yes and no. the work, whatever it is, can inherently convey a message subjective or emotional. therefore, it expresses by itself. however, in contemporary art, the speech is in my opinion too often much more important than the work itself.

but the artist can also take a standpoint, or even denounce?

of course. I also think now more than ten years about a future sculpture entitled "in the name of ...". what haven’t we done "in the name of ..." since mankind exists? it should be realized within two years, but as now my ideas are not yet as simple as that.

simplicity as a necessary condition for the understanding or the beauty?

for me, less I think, as better it is. as more I can do a vacuum, in order to observe and listen the nature, as better will be my work. similarly, if someone looks at one of my sculptures for ten seconds without thinking, I estimate having won.

a work reflects its author as much as it feeds. in which way your sculptures have built yourself?

balthus said: "Many people make paintings, but there are few painters." for each artist to find his sincerity, not make selling. it is a huge challenge for all artists, even the most famous. in my case, I would probably not become that I am without my sculpture – from which I live now for more than thirty-five years - that built me in a dialectic way: I have built it as it has built me.

what is the role of doubt in your work?

approximately fifty percent, in the sense that I am never happy with a sculpture, even if I sometimes revisit old sculptures with some satisfaction. in my workshop, where I try to create without repeating myself, I still doubt.

do you really create?

no! merely we only are reinventing that was already well-known, on the basis of the past and all that we have seen, red or heard. I do not believe in genius. giacometti, with his walking man, e.g., would not exist without the etruscans. and this is standart.

what about the coincidence?

omnipresent in people's life, it is also present in your workshop. when I start a sculpture, I' always start with an idea, but halfway casual event takes over. regardless of its size, the sculpture is always my guide, the sculpture is the boss.

"all art is autobiographical. the pearl is the autobiography of the oyster, "said the italian film maker federico fellini. however, it is always a grain of sand that triggers the activity of the pearl oyster! what is your engine?

I did an apprenticeship as a decorator with a boss who, when I was fifteen, immediately learned to weld and improvise, which I loved very much. since the "creation" is a true happiness, if not a real need for me. after one week holiday, I have to go back to work. the question is not to have ideas, but to eliminate the bad ideas. as to the autobiographical part, it is always present. we can not escape ourselves.

after a few years  solely devoted to an abstraction that you also continue to explore, you are returned to the human figure, in a less tortured than you started. Who of you, the art or the artist has appeased the other?

for eight years, particularly influenced by our society  (the artist is a sponge), I stopped representing the human body and returned to a much more sober manner. to sculpture has perhaps calmed me, but life, particularly, calmed me, too. I am sixty-six years old and, therefore, I see things differently now than when I was thirty years old. I am less tortured, that is reflected in my sculptures.

                                                                                                        jef gianadda


dernière modification: 06 mars 2013 fondation@nufnuf-art.ch copyright © 2002-2013 art www.nufnuf-art.ch